La ville pétrifiée

atelier d'écriture

LA VILLE PÉTRIFIÉE

Une caravane s’étant détournée du chemin ordinaire pour éviter les courses des Arabes, vint en un lieu désert dont les vents avaient enlevé tous les sables. On y trouva les ruines d’une ville qui avait été détruite, et dans laquelle les hommes, les femmes, les enfants, les bêtes de somme, les oiseaux et les chiens avaient été pétrifiés. On y vit entre autres une femme qui tirait du pain d’un four, et la femme, le pain et le four avaient été changés en pierre (1).

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(1) Chihâb eddîn Ah’med el Moqri el Fâsi, Kitâb el Djomân, p. 150-151.

Au XVIIe siècle, le bruit se répandit qu’en Afrique une « maligne vapeur » avait pétrifié toute une ville. Le gazetier Loret raconte que le grand-duc de Florence envoya un de ses gentilshommes au pacha de Tripoli pour vérifier l’exactitude de ce récit : il en rapporta

Des fleurs, des raisins, des châtaignes,

Qui prouvent, en perfection,

Cette pétrification,

En atendant d’autres figures,

Mesmes, d’humaines créatures,

Dont un navire a le dépôt

Qu’à Livourne on atend bientôt.


(Loret, La Muze historique, T. II, liv. VII, lettre 48, vers 195-201, p. 271-272.) 

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Mille et un contes, récits & légendes arabes. Contes merveilleux, contes plaisants / par René Basset, traducteur. Éditeur : Maisonneuve frères (Paris) 1924-1926.

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