Toutes les familles heureuses ?

« Je n’ai pas été un enfant malheureux, ni privé, ni battu, ni abusé. Mais très jeune, j’ai compris que quelque chose n’allait pas, très tôt j’ai voulu partir, et d’ailleurs très tôt je suis parti.
Mon père, mon beau-père sont morts, ma mère est folle. Ils ne liront pas ce livre, et je me sens le droit de l’écrire enfin. Cette étrange famille, j’espère la raconter sans colère, la décrire sans me plaindre, je voudrais même en faire rire, sans regrets. Les enfants n’ont parfois que le choix de la fuite, et doivent souvent à leur évasion, au risque de la fragilité, d’aimer plus encore la vie. »
H.L.T.

Editions  J.-C. Lattès.

 

« Il y aurait du scandale à ne pas avoir aimé ses parents. Du scandale à s’être posé la question de savoir s’il était ou non honteux de ne pas trouver en soi, malgré des efforts de jeunesse, un sentiment si commun, l’amour dit filial.

L’indifférence serait interdite aux enfants. Ils seraient à jamais prisonniers de l’amour qu’ils portent spontanément à leurs parents, que ces derniers soient bons ou méchants, intelligents ou idiots, en un mot aimables ou pas. Les éthologues donnent à ces manifestations d’affection incontrôlable et acquise le nom d’empreinte. Manquer d’amour filial n’est pas qu’une insulte à la décence, c’est un coup de canif dans le bel édifice des sciences cognitives. »

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Emission Le Temps des écrivains par Christophe Ono-dit-Biot –  France Culture le samedi de 17h à 18h.

Famille avec Hervé le Tellier, Chantal Thomas et Patrick Deville09/09/2017

Trois écrivains qui se penchent sur cette question fondamentale : d’où vient un écrivain? Qu’est-ce qui le forme ? Est-ce que sa famille, ses parents, ses frères, son enfance, sa famille ont un rôle, et quel rôle dans cette vocation ? La famille, c’est un terrain d’exploration fertile depuis l’Antiquité et ses malédictions familiales, souvenons-nous de ces pauvres danaïdes, et de leur tonneau, ou du sort qui s’abattit sur les Atrides, pour ne pas parler du destin des Labdacides, la famille d’Œdipe…

Terrain d’exploration fertile donc, mais pas seulement pour les aèdes antiques, les mythologues et les analystes. Terrain d’exploration fertile pour les écrivains, d’abord. Et là, évidemment, on pense au cri de guerre de Gide dans Les Nourritures terrestres, « Familles, je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées ; possessions jalouses du bonheur. » C’est terrible, Gide ! Alors est-ce un sentiment partagé, entre écrivains ? Nous le verrons avec trois auteurs dont nous avons beaucoup aimé les textes en cette rentrée, Chantal Thomas, Patrick Deville et Herve Le Tellier.

« On doit toujours à son histoire familiale », H. le T.

« La plage relativise le lien familial », C. T.

« Il n’y a pas de vie qui ne soit extrêmement romanesque », P.D.

 

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