Laurent Tailhade : Lettres familières au vitriol

Le 4 janvier 1901, Laurent Tailhade, anarchiste pamphlétaire, publiait dans le journal Le Français sa première lettre familière destinée à Georges Leygues, ministre de l’Instruction publique.

Suivront d’autres épîtres dans  l’Action, le FrançaisLa Raison, le Petit Sou ou la Petite république  qui réglaient le sort de quelques représentants de la bourgeoisie, de l’aristocratie, de la justice, de l’armée, des gensdelettres, du monde de la politique ou de la religion…

 Au fil des  » lettres familières « , marquées par l’actualité, on découvre le sens de l’ironie de Tailhade, de ses formules provocatrices allant jusqu’à l’injure et l’outrage, de son érudition, de la richesse de son vocabulaire, de sa préciosité surannée et sa crudité blasphématoire, et de son style de polémiste conforme à son projet qu’il résume par l’aphorisme de Chamfort :  » On ne nettoie pas les écuries d’Augias avec un plumeau. »  

La France de l’époque, c’est celle de la troisième République. Le septennat d’ Emile Loubet (1899 – 1906) est marqué par l’expansion de l’Empire colonial, le jeu des alliances avec les puissances étrangères (notamment avec la Russie sous le règne du tsar Nicolas II), l’Affaire Dreyfus sur fond d’antisémitisme et de nationalisme revanchard et le combat pour la laïcité.

Si, en 1892, Léon XIII se décidait de recommander le ralliement des catholiques français à la République, son successeur, Pie X, surnommé par Laurent Tailhade le bonhomme Sarto,  « Calotté d’or, ensoutané de blanc, chargé de pierres précieuses comme la belle Otero »,  à qui il destine une de ces lettres, tonnera dans son encyclique Vehementer nos contre la loi de séparation de l’Église et de l’État de  1905.

> Les trente-deux Lettres familières en ligne sur le site Vendémiaire.

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